Le personnage
Qui je suis, et ce que je tais
Je n’ai rien hérité. J’ai appris.
À vingt ans, un homme m’a fait goûter deux vins et m’a demandé lequel était le plus cher. Je me suis trompé. Il a souri : « Vous confondez le prix et la valeur. Ça s’apprend. » Je n’ai jamais oublié la leçon. J’y ai consacré dix ans — à goûter, à comparer, à me tromper, à recommencer.
Ce que j’écris ici n’est pas une vitrine. C’est un carnet : les adresses qui tiennent leur promesse, les bouteilles qui imposent le silence, les coupes qu’on ne remarque qu’à la doublure. Je ne vends rien. Je transmets un œil.
Sur le reste — d’où je viens, ce que je fais — je serai bref. Le peu que je tais n’est pas un secret : c’est une politesse. Je crois qu’un homme se définit mieux par ce qu’il retire que par ce qu’il ajoute.
Si cela vous parle, la porte est entrouverte.